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UN RADEAU SUR LA TOILE

Sur la plage du temps

le 14/02/2008 à 12h43

L'attente interminable, accompagnée de nos silences tuent les heures lentement. Mille fois, je t'écris; mille fois, je déchire les mots. Il chantait 'tu ne viendras pas ce soir' et les notes se perdent dans le temps.


Il est une chanson qui se tortille dans mon oreille; aucune idée du pourquoi. Faut-il toujours des raisons?


Chasing cars........Snow Patrol......étrange association. Des souvenirs affleurent. La couleur du bonheur, l'intensité de nos douleurs et le goût de nos déchirures flottent dans ma mémoire. Que deviens-tu, toi dont les rêves dépassaient les montagnes?


La neige coiffe-t-elle tes horizons? Le ruisseau chante-t-il encore? Le bosquet secret d'un baiser, l'as-tu revu? Soudain le chiffre 4 envahit mon champ de réflexion....mais il est bien trop tôt, mon amour, pour en retrouver.


Ma tendre N., le ciel masque ses bleus par pudeur ou par pitié. Le rouge est absent des grands espaces.


 


L.

le 25/01/2008 à 23h55


Je viens ici aussi souvent que toi. Désormais, je pressens d'être un vieil amour enfermé au creux d'un vieux livre qu'on n'ouvre plus par peur de souffrir. Pourtant mon sang bat comme avant dans mes veines. Et ainsi au coeur de mon coeur bat mon amour, vif, fébrile, inassouvi. Je traîne mon ennui sur les rives oubliées de nos souvenirs. Aujourd'hui, je sais que l'amour ne meurt jamais. Même au-delà de la mort elle-même, il persiste. Ainsi j'erre dans les barbelés que j'ai tirés autour de moi. Au travers de leur froide dentelle, je t'épie et te soutiens. Que mon silence soit fruit et non douleur. Que ma présence invisible trouble tes nuits comme ton souvenir torture les miennes.


Alors je veux t'écrire encore de peur que tu ne partes. Rien ne remplit plus ma vie, si ce n'est ce tout petit bout de planète où tu es le seul passant. Je vais te dire les étoiles mourantes et les vents cinglants qui se heurtent aux battants de mon triste manoir. Je suis reine d'un sombre empire que la solitude comble à défaut de sujets. Le jardin est macabre pourtant je l'aime. Je bénis ces ronces qui rongent les ramparts lézardés par le temps qui n'arrête jamais sa guerre. Sur l'étang, autrefois fleurissant de nénuphars, s'agglutine une couverture d'algues nauséabondes. Dans les anciens parterres, de frêles roses rouges se hissent pour chercher un rayon de lumière trop rare. Quand on regarde distraitement, il apparaît comme un jardin éclaboussé de gouttes de sang. Le sang des roses est d'un rouge atroce. La glycine est toujours plus chagrine et ploie sous la peine de l'abandon. Si je devais choisir une phrase résumant le tableau que j'ai sous les yeux, ce serait celle-ci: la vie a fui loin d'ici.


Autrefois, je riais. Autrefois, j'affichais des couleurs extravagantes. Aujourd'hui, j'affectionne le noir. Trop de deuils m'ont giflée pour en revêtir d'autres. Où s'en est partie la jeune fille espiègle que j'étais? Ici ne déambule qu'un phantome enveloppé d'un nuage de voiles. Il fait si froid, si gris, si lourd. Il fait si mort. Où as-tu emporté mon coeur? Aussi, je me perds à t'imaginer, toi l'inconnu, le passant anonyme, oui je me perds à t'aimer espérant que tu sois celui que je pleure, celui qui ne sera jamais auprès de moi. La vie est trop souvent cruelle pour ceux qui s'aiment. Il suffisait de pas grand chose mais ce n'était pas assez.


Je me souviens de toutes ces nuits où nos souffles se confondaient. J'entends encore ta respiration alors que le sommeil te berçait. Et je sais que plus jamais je n'offrirai ce que je t'ai donné. Si dormir ensemble paraît normal pour tant de couple, pour nous cela représentait un symbole de confiance absolue. Dormir avec l'autre est un tel abandon de soi. On se retrouve sans protection, pire que mis à nu. On est comme un nourrisson qui ne peut compter que sur ceux qui veillent.


Alors, vois-tu, je veux continuer à t'écrire, dans l'espoir obscur, qu'un jour, tu laisseras un mot, rien qu'un mot. En attendant, au jardin, j'ai ajouté quelques bulbes d'iris noirs. Je prépare les fleurs de mon tombeau. Je t'aime....à mourir.

fidélité

le 07/12/2007 à 13h03


Je constate que tu es fidèle. C'est étrangement fascinant de s'adresser à un inconnu tout en lui donnant le visage qu'on espère.  Et l'esprit s'évade vers des rivages erotiques où les corps se cherchent. Une cour discrète, des courses le long du rivage et des éclaboussures qui rendent les vêtements transparents. Des rires qui fusent et des joues rougissantes qui disent l'envie d'un pas de plus.


Une chute préméditée pour que l'autre accoure et masse la cheville. Enfin des regards qui se rencontrent et ne se laissent plus. Un grand silence et l'immensité de la mer qui soudain se fige. L'instant est magique. Le temps en suspens. Qu'allons-nous donc devenir? Je n'ose pas parler de peur de briser le charme. Pourtant tout mon être te dit 'viens'. Mon corps te pointe et défie. Que feras-tu?


..........................................................

RIEN probablement.

 


 


Pour ma part du moins! Je ne l'ai jamais trouvé beau mais dans ce film, je l'apprécie. Parce que le scénarion me plaît?